Château de Coulonges

Cette ancienne paroisse, devenue commune en 1789, a été réunie en 1972 à celle de Villez-Champ-Dominel, le nouvel ensemble constituant l’actuelle commune de Sylvains-Lès-Moulins ; Ce toponyme de Coulonges est issu de la racine latine colonicas, signifiant exploitation agricole. Ceci est à rapprocher d’une présence gallo-romaine dans ce secteur, marquée entre autres par le passage de l’aqueduc amenant les eaux de l’Iton au site du Vieil-Evreux, aqueduc dont on a trouvé ici les vestiges.

Coulonges n’a jamais constitué un fief particulier, mais faisait autrefois partie de la vaste et antique seigneurie voisine d’Hellenvilliers. Les seigneurs d’Hellenvilliers avaient le patronage de l’église et possédaient très anciennement sur cette paroisse un château fort, que l’on pense pouvoir situer au lieudit « Les Meugers ». Il y eut longtemps par la suite, à cet endroit, une motte féodale et un manoir relevant du duché de Damville. D’autres portions de fiefs existèrent ici ; ainsi à la fin de l’Ancien Régime on y trouvait comme propriétaire :

  • Le duc de Cossé, qui n’y possède d’autres biens que la ferme imposée à l’article 1 du rôle de Damville (Les Meurgers)
  • D’Hellenvilliers qui n’y possède que les droits honorifiques et le patronage ; ce fief n’étant qu’une émanation de sa terre d’Hellenvilliers, sise à deux lieues de Coulonges 
  • De Chambray, dont le fief est assis sur les bruyères du Buisson-Chevalier
  • De Bailleul, dont le fief s’étend tout au plus sur 15 à 20 acres de terre.
  • Les demoiselles des Minières, dont le fief encore beaucoup moins étendu et nommé le fiel du Bois-Richer leur a été vendu moyennant 400 livres par un particulier débiteur et dont le nom n’est plus connu à Coulonges.

En dehors de ces terres nobles, il y avait également d’autres propriétés roturières, relevant de ces petites seigneuries. Tel était le cas de la ferme de Coulonges, située près de l’église et dont nous allons parler. Ainsi cette propriété de Coulonges, par ce château, n’a aucune origine féodale, on la doit à la famille Legendre.

Les propriétaires du domaine : Famille LEGENDRE

Au XVIIIe siècle, il y avait dans la région de Damville, une famille Legendre représentée entre autre par un certain Pierre Alexandre.

Pierre Alexandre Legendre de la Prévosté. Conseiller du roi, Elu en l’Election de Conches. En 1744 on voit qu’il possédait les fermes de Coulonges d’Ardennes. C’est le premier propriétaire connu de ce qui allait devenir le domaine de Coulonges.

Le registre de l’impôt du Vingtième de la paroisse de Coulonges, dressé en 1775, nous apprend que « M. Legendre possède de la succession de son père deux fermes, dont la premières sise au village de Coulonges consiste en maison, bâtiments à usage de ferme et 76 acres de terre ; le fermier est Thomas Le Vieil. La deuxième ferme est sise au hameau d’Ardennes et consiste en maison, bâtiments et 62 acres de terre ; le fermier est Jacques Métayer. En 1771, Pierre Alexandre Legendre avait acheté aux héritiers de Chambon la terre voisine de Mousseaux, qui eut autrefois le statut de fief. L’ensemble de ces trois terres est à l’origine du domaine de Coulonges tel qu’on le connaîtra par la suite.

Un des fils de Pierre Alexandre en 1803 se partagèrent l’héritage paternel avec son frère. Ainsi donc, à la suite de ce partage, Charles Antoine Legendre était devenu propriétaire de Coulonges. Hélas il se lança bientôt dans la petite industrie comme filateur, ne réussit pas et fut déclaré en faillite dès 1816. Ses biens furent vendus et Coulonges fut acquis par un rouennais, H.A. Le Masson.
Famille LE MASSON

Le nouveau propriétaire de Coulonges, à compter de 1816, est Martin Annibal Ambroise Le Masson, négociant à Rouen. En 1840, son fils héritié, aménagea Coulonges en propriété d’agrément, avec la construction d’un petit château de style Renaissance et la création d’un parc. Malgré ces travaux, Le Masson se sépara de Coulonges en 1863, s’installant dès lors avec son épouse au château de Melleville (Guichainville)

Georges d’Arjuzon

Coulonges fut acheté en 1863 par le compte Georges Jacques Marie d’Arjuzon (1834-1900), officier de cavalerie et chambellan de l’empereur Napoléon III.
Lors de l’achat en 1863, la propriété de Coulonges faisait une superficie de 53 ha, ayant été partiellement démembrée depuis longtemps, mais il y eut ensuite diverses acquisitions par M. d’Arjuzon qui conduisirent, à terme, à une étendue totale de 153ha. Les d’Arjuzon vécurent ici sous le Second Empire avec leurs cinq enfants, et y furent surpris à la fin par la guerre de 1870. Lors de celle-ci, le château fut « habitée un temps par les Prussiens. Après la guerre et les évènements qui ont suivi, M. d’Arjuzon décida, en 1875, de se séparer de Coulonges et d’aller habiter à Dreux. Il n’y eu pas de vente, mais échange avec un certain Alfred Chatard, ingénieur habitant à Paris. M. Georges d’Arjuzon cédait par cet arrangement Coulonges et recevait en échange un immeuble à Paris. Lors de cette opération le domaine de Coulonges comprenait :

  • Le château, avec parc à l’anglaise
  • La ferme avec ses terres
  • Des prés, bois et pâtures
  • Le moulin avec ses dépendances.

Marquise de Gouvion Saint-Cyr

Le domaine de Coulonges, après avoir appartenu quelque temps à M. A. Chatard, fut acheté (1886) par Marie Boisseau, épouse de Maurice Joseph de Gouvion Saint-Cyr, petit-fils du célèbre maréchal du Premier Empire. Très rapidement, Madame de Gouvion Saint-Cyr, personne fortunée (fille d’un négociant en Champagne, à Reims) entreprit de très importants travaux de modification et d’extension à partir du manoir des Le Masson. Ceux-ci devaient conduire, à leur achèvement, à l’édifice que l’on connaît aujourd’hui. Madame de Gouvion Saint-Cyr dépensa une bonne partie de sa fortune pour l’aménagement de sa propriété, qu’elle aimait beaucoup. Pendant 16 ans une campagne de travaux considérables allait en effet en modifier profondément l’aspect. Un parc d’une centaine d’hectares séparé en deux parties, « l’ancien parc » et « la Suisse », allait être planté sur chaque versant de la vallée, le cours de l’Iton modifié, une pièce d’eau creusée
 

Afin de ménager une percée vers le sud, la ferme du domaine allait être démolie, pour être reconstruite à 100m. Des communs, des écuries, des serres, un colombier allaient être édifiés. Pendant ce temps, le château lui-même était profondément transformé sous la conduite du grand architecte Léon Legendre, de Damville, ancien élève de l’Ecole des Beaux-arts, de Paris.

Ces travaux se terminèrent au tout début du XXe siècle, avec le transfert de l’escalier (1908). A l’achèvement de ces travaux, Coulonges était devenu l’un des très belles propriétés de Normandie. En ce début du XXe siècle, c’était la Belle Epoque et il y avait encore, pour l’aristocratie et la bourgeoisie, beaucoup d’argent, ce qui permettait un grand train de vie : de nombreux domestiques, des fêtes, des réceptions, des chasses… Ceci n’interdisait pas néanmoins une certaine rigueur, ici comme en bien d’autres endroits, car la marquise était une femme de tête. Aussi on rapporte que ; "N’appréciant pas le curé, qui venait célébrer la messe chaque jour dans la nouvelle chapelle du château et désirant qu’il ne salisse pas ses salons, elle fit édifier uniquement pour lui, l’escalier tournant que l’on voit toujours à l’angle nord-est, afin qu’il puisse entrer dans la chapelle sans pénétrer dans le château".

L’intérieur du château était alors richement meublé et renfermait quantité d’objets de grande valeur ; bustes, peintures, porcelaines, lustres, tapis, meubles anciens… Un inventaire dressé vers 1938 ne comporte pas moins de 13 pages, avec en général un article par ligne ! La marquise de Gouvion Saint-Cyr, veuve depuis quelque temps déjà, continuera à habiter son château durant les premières décennies du XXe siècle. Mais lorsque la Seconde Guerre mondiale arrive, et dès le début en août 1940, le château est réquisitionné par l’état-major allemand. La marquise de Gouvion Saint-Cyr recevra un courrier de L’Etat-major lui annonçant que sont château doit être complètement à leur disposition, y compris les pièces qui lui restaient encore, et lui fait savoir qu’il s’est donné bien de la peine à lui procurer un équivalent. C’est la villa de Madame Bucaille, Damville, avenue de Conches, qui veuille bien lui servir comme domicile, tant que cela est nécessaire. Le déménagement aura lieu le jeudi 08/08/1940. Le château ne sera restitué à la marquise qu’en avril 1941, avec cette précision : « L’usure provenant de l’occupation de fin juillet 1940 au 28 avril 1941, qui s’explique par la présence de nombreux soldats et de bureaux très fréquentés est normale… » Cet épisode douloureux pour la propriétaire, âgée, marqua profondément celle-ci, qui désormais vivra quelque peu recluse dans son château retrouvé. Elle devrait décéder au lendemain de la guerre en 1949.

Famille de Dampierre

Ce fut le comte Aymar de Dampierre, petit fils de la marquise de Gouvion Saint-Cyr, qui hérita du domaine de Coulonges en 1949. Ce sont les trois fils de ce parent qui vendirent cette propriété en 1975, quittant définitivement la région. A cette occasion une grande partie du mobilier garnissant le château fut dispersée au cours d’une grande vente.

Désérence

Depuis 1975, Coulonges est passé en de nombreuses mains. Il a été complètement déshabillé de toute décoration intérieure. Seul le gros œuvre, malgré un manque d’entretien, subsiste et à encore grande allure...
Il a un nouveau propriétaire depuis le 04 octobre 2011, en souhaitant que cette fois cela soit de bonne augure.

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