Sylvains-lès-Moulins

La Commune

Le blason de Sylvains-lès-Moulins

Le blason de Sylvains-lès-Moulins

Baptisée Sylvains-lès-Moulins en 1972 lors de sa fusion de Villez Champ Dominel et de Coulonges, son nom souligne le charme et le pittoresque des villages d'antan. Sa traduction littérale "les dieux des forêts près des moulins" et son blason, très évocateur, nous invitent à la flânerie et à la découverte de son patrimoine

La superficie de Sylvains-lès-Moulins est de 2152 hectares (21.52km²)  composée de 11 hameaux : la Bochelle, la Tuilerie, Villez, le Gérier-Arnault, le Buisson-Chevalier, les Verrières, le Tertre, la Millerette, Coulonges, les Meugers, les Ardennes, dont les habitants sont les Sylvaines et les sylvains.
Sylvains-lès-Moulins est un havre de verdure composé de plaines ensemencées de céréales et de colza alternent avec les bois et les bosquets, les propriétés fleuries dissimulées derrière une variété de haies vives et arbustives, les pairies jusqu’aux rives de l'Iton qui bordent la commune sur plus de 10 kms, sans compter ses bras forcés.

En empruntant les nombreux sentiers de randonnées ou en cheminant le long de l'Iton, le promeneur découvrira le Château de Coulonges en briques roses du XIXème et l'église entourée de son petit cimetière, ou encore des propriétés anciennes telles que l'ancien orphelinat à Villez.
Bâtiment crée en 1890 par Léon Petit, à la disposition des Religieuses pour élever des garçons, pupilles de la Nation. Jusqu'en 1955, un prêtre y officiait et certains mariages ont été célébrés dans la chapelle de l'orphelinat.

Témoins du passé, quatre moulins privés à usage d'habitation, jalonnent les berges. Blotti dans le creux d'un vallon, apparaît celui de Villez, restauré après la seconde guerre mondiale par le Colonel Rémy, héros de la Résistance où son ami, le Général de Gaulle, lui rendre visite.
 

Église de St Arnoult

Église St Arnoult

Église d'origine romane, elle présente des murailles de moellons disposés en arêtes de poisson. Au nord de la nef, deux étroites fenêtres cintrées possèdent un arc orné de dessins géométriques fait de damiers et d’entrelacs de cercles méplats et d’un personnage à califourchon (XIe). Autres ouvertures de la fin du XIXe siècle. Clocher carré en charpente avec flèche octogonale à l’ouest. Fermée en dehors des offices religieux.

Le cimetière

...avec des tombes de familles célèbres : Gouvion de St Cyr, Dampierre (derniers propriétaires nobles du château), De Cambronne et celle d’un aviateur anglais. A la sortie du cimetière, porte de l’ancien presbytère, aux piliers de briques et pierres (1733) et portant les anneaux pour chevaux.

La Gare

Gare - La Millerette

Gare - La Millerette

... elle se situait à l’emplacement de l’actuel passage à niveau 86, au hameau de « La Millerette », dépendant à l’époque de la commune de Villez-Champ dominel. Celle-ci faisait partie des infrastructures de la ligne ferroviaire reliant Evreux à Verneuil, qui après correspondance, permettait de poursuivre sur La Loupe.

Une ligne opérationnelle en 1888 :

Le tracé de 53 Km, de cette ligne à voie unique, rejoint la ligne Paris - Cherbourg au niveau de Saint-Aubin du Vieil Evreux, il emprunte cette dernière sur 6 Km avant d’arriver à Evreux (via 2 tunnels : Nétreville et La justice).

Le décret déclarant d’utilité publique la construction de la ligne de chemin de fer d’Evreux à Verneuil-sur-Avre fut publié le 15 août 1873. Elle devait desservir Damville et Breteuil-sur-Iton. Suite à la faillite de la société qui en avait la concession, l’étude fut reprise par la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest, elle devait se terminer en 1879.

Les opérations d’expropriations et d’acquisitions de terrains terminées, les travaux commencèrent.

  • C’est le 1er septembre 1884 que la section reliant Verneuil à Breteuil fut ouverte.
  • En juillet 1886, fut inauguré la section Breteuil – Damville.
  • En juillet 1888, Damville – Saint Aubin.
  • Enfin en décembre de la même année le raccordement Saint Aubin – Evreux est réalisé.

La liaison Verneuil – La Loupe (40 Km), quant à elle, sera ouverte en 1889.

Une transversale sur les lignes de Normandie et de Bretagne :

On peut constater, avec un peu de nostalgie, que « La Millerette » se trouvait ainsi placée au centre d’un vaste réseau ferroviaire lui permettant de joindre les grands axes normands et bretons :

  • Par Evreux étaient accessibles la ligne St Lazare – Cherbourg, mais aussi les liaisons vers Rouen ou Honfleur.
  • La correspondance par Prey rejoignait à Marcilly-s-Eure la ligne Orléans – Pacy.
  • A Verneuil, on se trouvait directement sur la ligne Montparnasse – Granville.
  • En poussant jusqu’à La Loupe, on rejoignait la ligne Montparnasse – Le Mans donnant accès à toute la Bretagne : Rennes, St Malo,
  • Brest, Quimper ou bien Nantes et St Nazaire (La Loire, dite Inférieure à cette époque, était encore bretonne !).

De nos jours, seul un retour par la capitale permet ce genre de liaisons par voie ferrée (métro en prime !!!)

Ligne Evreux – Verneuil - La Loupe

Ligne Evreux – Verneuil - La Loupe
Des gares et des haltes :

Évreux embranchement

Évreux embranchement

Ancienne gare d'Evreux-ville

Ancienne gare d'Evreux-ville

Gare de Prev

Gare de Prev

Gare de Damville

Gare de Damville

Halte de la Guéroulde

Halte de la Guéroulde

Gare de Verneuil

Gare de Verneuil

Evreux-Embranchement, Ancienne gare d’Evreux-ville, Gare de Prey, Gare de Damville, Halte de La Guéroulde, Gare de Verneuil

Les gares principales permettaient les correspondances vers d’autres lignes. C’était le cas des gares d’Evreux-embranchement (construite en 1888 pour remplacer l’ancienne gare d’Evreux-ville devenue insuffisante), de Prey (liaison vers Saint-André, Dreux) ou de Verneuil.

Les gares secondaires comme Damville ou Breteuil disposaient généralement d’un évitement à double voie permettant le croisement des trains. La plupart des services étaient disponibles dans ces stations.

La Millerette comme La Guéroulde n’étaient que des haltes. Dans ces « gares » en pleine voie unique, les services étaient le plus souvent restreints. Ils étaient dispensés par le Chef de halte qui faisaient également office de Garde-barrière et logeait généralement à l’étage de la halte.

Les autres stations comme Grossœuvre ou Les Houlles n’étaient que de simples arrêts ne disposant que d’infrastructures sommaires.

Chef de Gare

Chef de Gare

Aiguilleur

Aiguilleur

Garde barrière

Garde barrière

Des trains très appréciés :

Les rames standard étaient constituées de voitures voyageurs de 1ère, 2nd et 3ème classe.
En revanche les 4350 et 4351 M.V. étaient des trains mixtes Marchandises – Voyageurs.

Le 1323 de 07h31 ralliait Evreux en 31 minutes, retour le soir par le 1330 de 17h25. (Une liaison qui conviendrait encore parfaitement aux lycéens du hameau, que les intempéries guettent sur le chemin de l’arrêt de car du Buisson-Chevalier… Une gare à proximité, quel confort, même en 3ème classe !!!).

Le 1320 quant à lui passait à 09h57 pour vous emmener à Damville en seulement 8 minutes, avec des retours possibles l’après-midi à 13h46 ou 19h24.

Des horaires bien pratiques aussi bien les jours de marché à Damville, que pour les formalités à la préfecture ou les emplettes de la journée à la capitale.

Indicateur de l'Eure

Indicateur de l'Eure

Marché aux légumes de Damville

Marché aux légumes de Damville

Extrait du livret Chaix de novembre 1922

Extrait du livret Chaix de novembre 1922

Le déclin d’un patrimoine ferroviaire :

La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest sera absorbée par le réseau d’état en 1909 suite à d’importantes difficultés financières.

Le service des voyageurs sera supprimé entre Evreux et la loupe au moment de la 2ème Guerre mondiale, en 1939. Seul, subsistera le transport des marchandises jusqu’en 1969.Le trafic voyageurs aura donc duré un peu plus de 50 ans… celui des marchandises pas tout à fait 100 ans !

La voie a ensuite été déposée de Breteuil à Verneuil (et de Verneuil à La Framboisière, pour la ligne de La Loupe).

La partie subsistante jusqu’à Breteuil est encore maintenue en état pour desservir l’usine de la Sté des Forges et Laminoirs de Breteuil ainsi que le silo à grains. Un aller-retour par jour subsistait jusque dans les années 2000. Depuis le trafic n’est plus qu’occasionnel. Cette société est notamment spécialisée dans la production des entretoises de traverses bi-bloc utilisées pour les lignes TGV. Leurs éventuelles livraisons pour les futurs grands chantiers annoncés créeront peut-être un sursaut du trafic marchandises sur cette portion de ligne.

De nos jours la liaison entre Evreux et Verneuil est assurée par la ligne de car N°360 du Conseil général, avec quasiment les mêmes arrêts et les mêmes horaires que les trains d’autrefois. Comme quoi…

La Cie de l’Ouest : le réseau en 1909 lors de sa reprise par les chemins de fer de l’état

La Cie de l’Ouest : le réseau en 1909 lors de sa reprise par les chemins de fer de l’état

Quant aux lignes Evreux – Le Neubourg et Evreux – Louviers ?

  • La première est reconvertie en voie verte de Navarre jusqu’au Golf d’Evreux.
  • La seconde s’arrête aujourd’hui à Gravigny pour faire place, plus loin, au Centre Commercial de Caër.

Des vestiges encore visibles :

La halte subsistera en l’état jusqu’en 1991, année où elle fut détruite par la SNCF, par mesure de sécurité en raison du manque de visibilité qu’elle constituait pour la route, et ensevelie sur place. Trois pins d’Autriche trônent désormais sur le tertre constitué par les gravats de l’ancien bâtiment. Les cinq Tilleuls derrière les latrines publiques sont maintenant plus que centenaires.

Rue du bois au bœuf : vue virtuelle de la halte

Rue du bois au bœuf : vue virtuelle de la halte

Marché aux légumes de Damville

Marché aux légumes de Damville

panneau écaillé parmi les seuls vestiges rescapés de la démolition.

panneau écaillé parmi les seuls vestiges rescapés de la démolition

panneau écaillé parmi les seuls vestiges rescapés de la démolition

panneau écaillé parmi les seuls vestiges rescapés de la démolition

Champ Dominiel

Une ferme et une maison composent tout l'agglomération de ce lieu solitaire qui fût autrefois un village méritant l'édification d'une église. Une tradition locale accuse l'armée anglaise de sa quasi destruction en 1445 lors du démantèlement du château fort d'Avrilly.

L'église était placée sous le patronage de Notre Dame, elle est complètement entourée par le cimetière communal.

Cette église, de style roman, construite en silex pour les murs, en pierre de taille pour les portes et les fenêtres date de la fin du XIIe siècle.

 

Chateau de Coulonges

Cette ancienne paroisse, devenue commune en 1789, a été réunie en 1972 à celle de Villez-Champ-Dominel, le nouvel  ensemble constituant l’actuelle commune de Sylvains-Lès-Moulins ; Ce toponyme de Coulonges est issu de la racine latine colonicas, signifiant exploitation agricole. Ceci est à rapprocher d’une présence gallo-romaine dans ce secteur, marquée entre autres par le passage de l’aqueduc amenant les eaux de l’Iton au site du Vieil-Evreux, aqueduc dont on a trouvé ici les vestiges.

Coulonges n’a jamais constitué un fief particulier, mais faisait autrefois partie de la vaste et antique seigneurie voisine d’Hellenvilliers. Les seigneurs d’Hellenvilliers avaient le patronage de l’église et possédaient très anciennement sur cette paroisse un château fort, que l’on pense pouvoir situer au lieudit « Les Meugers ». Il y eut longtemps par la suite, à cet endroit, une motte féodale et un manoir relevant du duché de Damville. D’autres portions de fiefs existèrent ici ; ainsi à la fin de l’Ancien Régime on y trouvait comme propriétaire :

  • Le duc de Cossé, qui n’y possède d’autres biens que la ferme imposée à l’article 1 du rôle de Damville (Les Meurgers)
  • D’Hellenvilliers qui n’y possède que les droits honorifiques et le patronage ; ce fief n’étant qu’une émanation de sa terre d’Hellenvilliers, sise à deux lieues de Coulonges 
  • De Chambray, dont le fief est assis sur les bruyères du Buisson-Chevalier
  • De Bailleul, dont le fief s’étend tout au plus sur 15 à 20 acres de terre.
  • Les demoiselles des Minières, dont le fief encore beaucoup moins étendu et nommé le fiel du Bois-Richer leur a été vendu moyennant  400 livres par un particulier débiteur et dont le nom n’est plus connu à Coulonges.

En dehors de ces terres nobles, il y avait également d’autres propriétés roturières, relevant de ces petites seigneuries. Tel était le cas de la ferme de Coulonges, située près de l’église et dont nous allons parler. Ainsi cette propriété de Coulonges, par ce château, n’a aucune origine féodale, on la doit à la famille Legendre.

Les propriétaires du domaine

Famille LEGENDRE

Au XVIIIe siècle, il y avait dans la région de Damville, une famille Legendre représentée entre autre par un certain Pierre Alexandre.

-Pierre Alexandre Legendre de la Prévosté. Conseiller du roi, Elu en l’Election de Conches. En 1744 on voit qu’il possédait les fermes de Coulonges d’Ardennes. C’est le premier propriétaire connu de ce qui allait devenir le domaine de Coulonges.

Le registre de l’impôt du Vingtième de la paroisse de Coulonges, dressé en 1775, nous apprend que « M. Legendre possède de la succession de son père deux fermes, dont la premières sise au village de Coulonges consiste en maison, bâtiments à usage de ferme et 76 acres de terre ; le fermier est Thomas Le Vieil. La deuxième ferme est sise au hameau d’Ardennes et consiste en maison, bâtiments et 62 acres de terre ; le fermier est Jacques Métayer. En 1771, Pierre Alexandre Legendre avait acheté aux héritiers de Chambon la terre voisine de Mousseaux, qui eut autrefois le statut de fief. L’ensemble de ces trois terres est à l’origine du domaine de Coulonges tel qu’on le connaîtra par la suite.

Un des fils de Pierre Alexandre en 1803 se partagèrent l’héritage paternel avec son frère. Ainsi donc, à la suite de ce partage, Charles Antoine Legendre était devenu propriétaire de Coulonges. Hélas il se lança bientôt dans la petite industrie comme filateur, ne réussit pas et fut déclaré en faillite dès 1816. Ses biens furent vendus et Coulonges fut acquis par un rouennais, H.A. Le Masson.

Famille LE MASSON

Le nouveau propriétaire de Coulonges, à compter de 1816, est Martin Annibal Ambroise Le Masson, négociant à Rouen. En 1840, son fils héritié, aménagea Coulonges en propriété d’agrément, avec la construction d’un petit château de style Renaissance et la création d’un parc. Malgré ces travaux, Le Masson se sépara de Coulonges en 1863, s’installant dès lors avec son épouse au château de Melleville (Guichainville)

Georges d’Arjuzon

Coulonges fut acheté en 1863 par le compte Georges Jacques Marie d’Arjuzon (1834-1900), officier de cavalerie et chambellan de l’empereur Napoléon III.

Lors de l’achat en 1863, la propriété de Coulonges faisait une superficie de 53 ha, ayant été partiellement démembrée depuis longtemps, mais il y eut ensuite diverses acquisitions par M. d’Arjuzon qui conduisirent, à terme, à une étendue totale de 153ha. Les d’Arjuzon vécurent ici sous le Second Empire avec leurs cinq enfants, et y furent surpris à la fin par la guerre de 1870. Lors de celle-ci, le château fut « habitée un temps par les Prussiens. Après la guerre et les évènements qui ont suivi, M.  d’Arjuzon décida, en 1875, de se séparer de Coulonges et d’aller habiter à Dreux. Il n’y eu pas de vente, mais échange avec un certain Alfred Chatard, ingénieur habitant à Paris. M. Georges d’Arjuzon cédait par cet arrangement Coulonges et recevait en échange un immeuble à Paris.  Lors de cette opération le domaine de Coulonges comprenait :

  • Le château, avec parc à l’anglaise
  • La ferme avec ses terres
  • Des prés, bois et pâtures
  • Le moulin avec ses dépendances.

Marquise de Gouvion Saint-Cyr

Le domaine de Coulonges, après avoir appartenu quelque temps à M. A. Chatard, fut acheté (1886) par Marie Boisseau, épouse de Maurice Joseph de Gouvion Saint-Cyr, petit-fils du célèbre maréchal du Premier Empire. Très rapidement, Madame de Gouvion Saint-Cyr, personne fortunée (fille d’un négociant en Champagne, à Reims) entreprit de très importants travaux de modification et d’extension à partir du manoir des Le Masson. Ceux-ci devaient conduire, à leur achèvement, à l’édifice que l’on connaît aujourd’hui. Madame de Gouvion Saint-Cyr dépensa une bonne partie de sa fortune pour l’aménagement de sa propriété, qu’elle aimait beaucoup. Pendant 16 ans une campagne de travaux considérables allait en effet en modifier profondément l’aspect. Un parc d’une centaine d’hectares séparé en deux parties, « l’ancien parc » et « la Suisse », allait être planté sur chaque versant de la vallée, le cours de l’Iton modifié, une pièce d’eau creusée

 

Château ouest

Parc du chateau de Coulonges

Afin de ménager une percée vers le sud, la ferme du domaine allait être démolie, pour être reconstruite à 100m. Des communs, des écuries, des serres, un colombier allaient être édifiés. Pendant ce temps, le château lui-même était profondément transformé sous la conduite du grand architecte Léon Legendre, de Damville, ancien élève de l’Ecole des Beaux-arts, de Paris.

Château ouest

Ces travaux se terminèrent au tout début du XXe siècle, avec le transfert de l’escalier (1908). A l’achèvement de ces travaux, Coulonges était devenu l’un des très belles propriétés de Normandie. En ce début du XXe siècle, c’était la Belle Epoque et il y avait encore, pour l’aristocratie et la bourgeoisie, beaucoup d’argent, ce qui permettait un grand train de vie : de nombreux domestiques, des fêtes, des réceptions, des chasses… Ceci n’interdisait pas néanmoins une certaine rigueur, ici comme en bien d’autres endroits, car la marquise était une femme de tête. Aussi on rapporte que ; "N’appréciant pas le curé, qui venait célébrer la messe chaque jour dans la nouvelle chapelle du château et désirant qu’il ne salisse pas ses salons, elle fit édifier uniquement pour lui, l’escalier tournant que l’on voit toujours à l’angle nord-est, afin qu’il puisse entrer dans la chapelle sans pénétrer dans le château".

Chapelle du château

L’intérieur du château était alors richement meublé et renfermait quantité d’objets de grande valeur ; bustes, peintures, porcelaines, lustres, tapis, meubles anciens… Un inventaire dressé vers 1938 ne comporte pas moins de 13 pages, avec en général un article par ligne ! La marquise de Gouvion Saint-Cyr, veuve depuis quelque temps déjà, continuera à habiter son château durant les premières décennies du XXe siècle. Mais lorsque la Seconde Guerre mondiale arrive, et dès le début en août 1940, le château est réquisitionné par l’état-major allemand. La marquise de Gouvion Saint-Cyr recevra un courrier de L’Etat-major lui annonçant que sont château doit être complètement à leur disposition, y compris les pièces qui lui restaient encore, et lui fait savoir qu’il s’est donné bien de la peine à lui procurer un équivalent. C’est la villa de Madame Bucaille, Damville, avenue de Conches, qui veuille bien lui servir comme domicile, tant que cela est nécessaire. Le déménagement aura lieu le jeudi 08/08/1940. Le château ne sera restitué à la marquise qu’en avril 1941, avec cette précision : « L’usure provenant de l’occupation de fin juillet 1940 au 28 avril 1941, qui s’explique par la présence de nombreux soldats et de bureaux très fréquentés est normale… » Cet épisode douloureux pour la propriétaire, âgée, marqua profondément celle-ci, qui désormais vivra quelque peu recluse dans son château retrouvé. Elle devrait décéder au lendemain de la guerre en 1949.

Famille de Dampierre

Ce fut le comte Aymar de Dampierre, petit fils de la marquise de Gouvion Saint-Cyr, qui hérita du domaine de Coulonges en 1949. Ce sont les trois fils de ce parent qui vendirent cette propriété en 1975, quittant définitivement la région. A cette occasion une grande partie du mobilier garnissant le château fut dispersée au cours d’une grande vente.

Désérence

Depuis 1975, Coulonges est passé en de nombreuses mains. Il a été complètement déshabillé de toute décoration intérieure. Seul le gros œuvre, malgré un manque d’entretien, subsiste et à encore grande allure...

Il a un nouveau propriétaire depuis le 04 octobre 2011, en souhaitant que cette fois cela soit de bonne augure.

Aile sud duc châtau de Coulonges

Aile nord du château de Coulonges